Premier contact avec le mandataire ou le liquidateur
Demain matin, ouvrez la fiche entreprise : notez le mandataire judiciaire, le tribunal, la procédure et les dates BODACC. En redressement judiciaire, le MJ est le premier contact ; en liquidation judiciaire, c'est le liquidateur désigné sur la fiche. Un email court — identité, périmètre recherché, question procédurale — suffit pour engager l'échange. Ce guide donne le modèle et les erreurs à éviter.
Lire la fiche avant d'écrire
Sur chaque fiche entreprise du listing, le bloc Mandataire judiciaire reprend le nom publié au BODACC. Le tribunal et la procédure (RJ ou LJ) cadrent qui répond et sur quoi. Les dates — jugement, publication, cessation des paiements — indiquent si le dossier est récent et si une échéance approche.
En RJ, le mandataire judiciaire (MJ) centralise les échanges repreneur ; l'administrateur judiciaire (AJ), quand il est désigné, figure dans l'annonce BODACC liée depuis la fiche. En LJ, le liquidateur est votre interlocuteur — il apparaît dans le même bloc mandataire. Le triage Passer / Un appel / Creuser (voir /methode) vous aide à prioriser ; un verdict Un appel signifie qu'un contact cette semaine est raisonnable, pas qu'une cession est garantie.
Exemples live : sur la fiche 4LIFE (RJ, tribunal de Tours), le MJ est Me Hubert Lavallart — l'AJ Selarl AJAssociés / Me Franck Michel complète l'annonce BODACC. Sur ABBY (RJ, Arras), le MJ est Selarl Mj Solutio / Me Sébastien Depreux. Sur #DIEZ (LJ, greffe d'Évry), le liquidateur est Me Benjamin Laurent, SELAFA Mja. La société est en procédure ; votre message porte sur les faits datés, pas sur la situation de l'entreprise.
- Ouvrir /entreprises/{slug} : mandataire, tribunal, procédure, dates et lien BODACC.
- Repérer RJ ou LJ — le liquidateur en LJ, le MJ en RJ en premier lieu.
- Croiser secteur et zone avec votre thèse ; consulter /tribunaux pour le volume local si utile.
- Si le verdict est Un appel ou Creuser, préparer le contact ; si Passer, reporter ou passer au dossier suivant.
Modèle de premier email ou appel
Un premier contact tient en cinq lignes. Le mandataire reçoit des sollicitations ; un message structuré et factuel est plus lisible qu'un dossier non demandé. Nous ne remplaçons pas le greffe ni le mandataire — la fiche vous donne les éléments à recopier correctement.
Tant que le calendrier et le périmètre ne sont pas confirmés, le listing gratuit suffit. Commandez un mémo de reprise quand vous préparez une offre ou un échange structuré — le mémo précise ce qui est vérifiable au registre et ce qui reste inconnu.
- Objet : « Reprise — [dénomination] — SIREN [9 chiffres] — demande d'information procédurale ».
- Corps : vous vous présentez (nom, structure, secteur visé) ; vous citez la société et le SIREN lus sur la fiche ; vous indiquez le type de reprise envisagé (fonds, actifs, continuation) sans chiffrer ni promettre.
- Question unique : existence d'un appel à candidatures, périmètre cédable, date limite de dépôt ou prochaine audience — une demande claire, pas une liste de dix points.
- Pièces jointes : aucune au premier envoi — pas de LOI, pas de business plan, pas de NDA non sollicité.
- Au téléphone : même ordre — identité, SIREN, question procédure ; notez le nom du collaborateur et reformulez par email pour tracer.
Pièges à éviter demain matin
- Contacter le dirigeant ou l'entreprise directement — la procédure collective impose le mandataire ou le liquidateur comme interlocuteur.
- Confondre MJ et liquidateur : en RJ ouvert, ce n'est pas le liquidateur sauf conversion en LJ ; relire la procédure sur la fiche.
- Ignorer une annonce BODACC plus récente que la date mémorisée — clôture, plan ou bascule LJ changent l'interlocuteur.
- Demander des chiffres (CA, dette, valorisation) que le BODACC ne publie pas — le mandataire ne divulgue pas tout au premier mail ; accepter un retour partiel ou différé.
- Présumer une cession parce que le verdict est Creuser — Creuser signifie approfondir la lecture, pas qu'un actif est à vendre.
- Envoyer une offre chiffrée sans appel à candidatures ni note de cession — hors cadre et peu recevable.
- Négliger le tribunal sur la fiche — greffe et calendrier d'audience restent la référence pour les dates d'effet.
- Multiplier les relances sous 48 h — un délai de deux semaines ouvrées est courant avant relance polie.
Questions fréquentes
- Faut-il appeler ou écrire en premier ?
- L'email laisse une trace et respecte l'organisation de l'étude. L'appel peut suivre si la fiche ou l'annonce BODACC publie un numéro direct. Dans les deux cas, citez le SIREN et la procédure lus sur la fiche entreprise.
- Le mandataire est-il obligé de répondre ?
- Non. Le mandataire gère la procédure pour le tribunal et les créanciers ; il n'est pas tenu de répondre à toute sollicition repreneur. Un message court et factuel maximise vos chances ; l'absence de retour peut signifier qu'aucune cession n'est envisagée à ce stade — pas un signal à sur-interpréter.